lundi 7 août 2017

Un Dimanche au Théâtre du Peuple

Quelle belle découverte , cette rencontre avec ce Théâtre du Peuple niché au Bussang ( petite ville des Vosges)  dans son écrin de verdure. Ce dimanche qui joue le chaud ( au soleil) et le frais ( à l'ombre) m'a emporté dans ce lieu, où l'on est émerveillé d'y trouver un théâtre, un théâtre issue d'un esprit utopiste et rêveur. C'est Maurice Pottecher qui en 1895 a décidé de démocratiser cet art, très mondain à l'époque. Bussinois de naissance, il aime passer ses étés là, et c'est en 1895
qu'il écrit sa première pièce " Le Diable Marchand de Goutte" pièce populaire en 3 actes, qui sera jouée dans un  prés ( emplacement du théâtre actuel ) 2000 personnes seront au rdv, énorme succès ( par comparaison le théâtre aujourd'hui peut contenir 850 personnes ) des amateurs et des professionnels sont présents ensemble sur la scène comme encore aujourd'hui. Il impliquera toute la population pour construire son théâtre, et sera en bois pour refléter sa région Les Vosges, tout est fait dans la simplicité, et comme des écoliers sur des bancs ( pas confortables ) en bois, les spectateurs sont un peu comme chez eux. La construction est financée par la famille ( riches industriels ) et le théâtre évaluera sur une centaine d'années.
 Il sera classé aux monuments historiques en 1976 et appartient maintenant à l'état.
L'ouverture du fond de scène fait partie intégrante de chaque pièce jouée et constitue une continuité avec la nature environnante.
(Crédit Théâtre du Peuple)
 C'est Maurice Pottecher et sa femme Camille qui écrivent les pièces pendant de nombreuses années puis Pierre Richard Willm prend la relève et ce n'est qu'en 1971 que l'on jouera le répertoire français classique. Depuis 2011 Vincent Goethals a prit la relève.
 N'étant pas chauffé, le théâtre hiberne en hiver et sa devise " Par l'Art Pour l'Humanité" est resté très vivace.
 Voilà ce qui est de la petite histoire.
Aujourd'hui nous sommes venues pour découvrir la pièce " La Dame de Chez Maxim..ou Presque" un Feydeau revisité en y incluant de la musique d'Offenbach, sur un rythme soutenu, des costumes flamboyants et des acteurs ( pro, et amateurs ) habités .
 Les 24 acteurs prennent pleine possession de la scène intérieure et extérieure, le fond de scène ouvert sur la nature faisant du coup partie intégrante du spectacle, un coup de maître.
Mais un petit retour en arrière s'impose pour s'approprier les lieux :
Arrivée au Bussang à 9h30 pour une visite guidée à 10h30.
 Les lieux me happent de suite, le majestueux théâtre nous dévoile sa structure sombre se détachant du vert de la nature environnante et du ciel bleu de ce 6 août 2017.
C'est encore calme, les guichets sont  fermés et les chaises attendent les visiteurs.
 Mais déjà , comme dans  une ruche, les petites mains se préparent à accueillir les ventres affamés, d'autres préparent le terrain, pour qu'aucun grain de sable ne vient enrayer cette machinerie qui se met doucement en route.
Le théâtre vit, des pas font craquer le bois et crisser le gravier, on évacue les bouteilles vides, reliquats de joyeuses soirées....
Notre guide va nous expliquer pourquoi ce Théâtre en bois s'est retrouvé ici en pleine nature.
On découvre sa voûte en coque de bateau renversée, imaginé par un utopiste génial Maurice Pottecher en 1895.
l'ouverture de fond de scène qui fait de la nature un acteur actif des pièces jouées.
 son sol en pente douce (7%) et surtout l'ouverture du fond de scène sur un Tilleul + que centenaire.
Nous foulons la scène et découvrons les décorations de la prochaine pièce.
 On y vient pour des représentations originales et souvent revisitées. Les professionnels et les amateurs jouent ensembles et jouer dans ce lieux emblématique se fait dans un état d'esprit collant au plus près à  la devise inscrite sur les deux côtés de la scène " Par l'Art Pour l'Humanité" une démocratisation de l'art précurseur en cette  année 1895.
C'est un tonitruant coup de clairon ( ou pas !) qui sonne l'appel de la salle, il est 14h30 et le spectacle débute à 15h " La Dame de chez Maxim" va entrer en scène. La salle est pleine ( 800 personnes)
Nous prenons place sur des bancs pas très confortables, faut le dire, pensez à apporter vos coussins ...
 
 et voilà les acteurs partis dans une sarabande survoltée et colorée,  les dernières photos et hop en avant pour rire.
 3 h plus tard le spectacle se termine avec une salle debout, conquise, une belle énergie nous a envahie et nous repartons heureux en emportant avec  nous un morceau de ce Théâtre du Peuple, notre Théâtre..................
http://www.theatredupeuple.com/estivales-2017
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samedi 22 juillet 2017

Une Journée au Château..........

Non, nous ne sommes pas de sang bleu depuis hier, mais nous avons découvert un château, grâce à une randonnée qui nous a menée du Château du Landskron en France jusqu'à une auberge de jeunesse en Suisse.
à gauche La France et à droite La Suisse
 C'est lors de ce genre de promenade que l'on se rend compte de la proximité de la Suisse. Nous débutons à Leymen par une petite mise en jambe de 20 mn jusqu'aux ruines du Château.
Ce château date du début 13e, transformé par les Habsbourg et par la suite par Vauban. Détruit en partie à l'époque Napoléonienne, il a été racheté en 1983 par  l'association franco-suisse Pro-Lanskron. De tous les châteaux du Sundgau, c'est le seul encore debout, du fait de l'importance de sa garnison ( 200 hommes ) elle représentait un élément économique pour la région.
La tour est la partie la mieux conservée.
Les voûtes de l'entrée sont apaisantes et fraîches .
De longues et étroites ouvertures donnent sur l'extérieur.
Belle et lourde porte donnant dans la cour intérieure
Les pierres de Grès se chargent de lumière et passent du gris au beige.
La fragilité est palpable et il suffit de passer un doigt sur le Grès pour sentir la pierre s’effriter.
Il est encore tôt et les murs imposants n'ont pas encore eu le temps de se gorger de chaleur, ils sont encore frais au toucher et apportent une fraîcheur et une lumière douce. Le calme du lieu inspire la méditation.
On aperçoit  la Suisse juste devant
D'ailleurs le temps est venu de repartir vers l'église de Mariastein ( Notre dame de la Pierre ) qui se trouve en Suisse dans le Canton de Soleure.
Au bout d'une demi-heure nous voilà en Suisse.
Deuxième lieu de pèlerinage  le plus important de Suisse, l’église de Mariastein est marqué par une légende, un garçon tombé d'une falaise en est sortit indemne grâce à l'intervention de Marie. (1442)
de beaux arbres et un chemin de croix nous guide vers Mariastein.
Les blés viennent d'être coupés, le soleil aidant, les odeurs d'un été chaud montent du sol.
Nul besoin d'être croyant pour apprécier le lieu, les pèlerins viennent  du monde entier pour y trouver consolation et paix du cœur.
La révolution Française, le Kulturekampf et le régime Nazi firent émigrer les moines en France puis en Autriche et en Allemagne, pour revenir en 1971.
La peinture Néo-Baroque éclaire la façade de l'église (1930) et le grand Orgue Metzler (1978) impose sa majestueuse stature.
La couleur dominante blanche et les dessins colorés  lui confère une allure légère et fraîche .
Les Ex-Voto tout le long des murs de la galerie d'accès à la grotte.
 Détails de la première chapelle de Marie, le plafond en bois peint
Et tout en bas d'une volée de marches, la grotte.
Un office y est célébré par l'Abbé de la congrégation.
Nous continuons notre randonnée vers l'Auberge de Jeunesse de Mariastein-Rottberg que nous atteignons en 30mn. Imaginez une tour perdue dans une forêt sur les hauteurs, tout droit sortie d'un livre de contes avec ses chevaliers et ses princesses .
Datant de 1200, ouvert en tant qu'auberge depuis 1935, on peut facilement imaginer un séjour de rêve ici, surtout pour la jeunesse .
On croit rêver, ce bijoux incrusté dans une forêt dense est sûrement détentrice de nombreux secrets depuis maintenant fort, fort longtemps .........
Quelle belle journée ponctuée de surprises et découvertes. Merci encore à notre guide Gilbert pour  toutes ses explications.